Va Chercher Bonheur...

... Au Brésil ou en Belgique

30 juin 2004

Tous aux abris (bus) !!

Hier, 23h30, place Ruí Barbosa (qui se trouve être un important terminal d'autobus en centre ville), je vois une voiture de police arrêtée, du mouvement autour... Je me dis "hum hum, qu'est-ce qu'il se passe ??". Je regarde avec un peu plus d'attention : c'est confus, mais la police semble maîtriser la situation. Je me demande si je dois changer de trottoir. Je me dis que ça a l'air d'aller, je vais passer à coté en me faisant pas trop remarquer et tout va bien se passer. Je passe. Tout se passe bien (enfin pour moi hein, parce que je n'aurais pas aimé être à la place de ceux qui se faisaient arrêter). Je m'éloigne en jetant des œillades derrière moi pour être sûr (on apprend ça ici). Je vois un type qui court vers le trottoir que j'avais hésité à prendre quelques secondes plus tôt. Un bruit. Ça aurait pu être un coup de feu. Comme si je connaissais le bruit d'un coup de feu (en vrai pas dans les films)...Donc demi-panique quand même... Je presse le pas. En 10 secondes, 5 voitures de polices débarquent des 4 coins de la place, encerclent celui qui courait. Sirènes, gyrophares. Moi, caché derrière un abribus (ils sont malins, ils les font transparents) j'essaye de voir. Pas grand chose à voir. Les voitures de police arrêtées en cercle, portières ouvertes, policiers protégés derrière les portières tenant en joue quelqu'un qui doit se trouver au milieu du cercle. Fini. Les gens se détendent, les conversations reprennent, je rentre dans ma station de bus, j'ai bien fait de pas avoir changé de trottoir. Les voitures repartent. On souffle.

Inquiétant que ça se soit produit. Soulageant de voir la promptitude des forces de l'ordre.

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25 juin 2004

Marketing GMail

Ça y est, j'ai un GMail. Merci DASP. Si vous aussi vous en voulez un, allez le voir ; il lui en reste peut-être. Pour ceux qui ne savent pas encore ce qu'est Gmail, allez voir ici. Et ceux qui savent comment je m'apelle dans la vraie vie peuvent désormais m'écrire en utilisant l'adresse <prenom>.<nom>@gmail.com.

Soulignons la stratégie de marketing viral très intelligente de Google : ils ont lancé leur service avec très peu d'utilisateurs test. Ceux-ci ont reçu quelques invitations pour permettre à leurs amis de profiter eux aussi de ce service, et ainsi de suite. Ça rend la chose rare, tout ce qui est rare est cher (certains vendent des invitations GMail sur eBay !). Et donc tout le monde en parle, y compris moi...

Pour aggrémenter mon propos, allez voir ce graphique présentant la fréquence du mot 'gmail' dans les blogs. Comme vous le voyez, on constate un "buzz" depuis une semaine.

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Destruction de la forêt amazonienne ?

En Europe on entend dire de ci de là que les brésiliens sont "tous que des gros pourris qui tuent la forêt amazonienne, poumon de la planète, et que du coup c'est eux les gros méchants dans le réchauffement de la planète". Récemment un article publié dans une revue paysanne (plein champ) à propos des négociations UE/Mercosur nous dit : "Il s'agissait entre autres d'expliquer que si la viande brésilienne est bon marché, elle est aussi produite avec de lourds sacrifices en particulier pour l'environnement. Dans ces conditions, faut-il vraiment favoriser les grands propriétaires brésiliens qui défrichent sans ménagement d'immenses territoires jusque-là consacrés aux forêts tropicales afin d'y installer des élevages de zébus dans le seul but d'en exporter la viande ? ". J'ai un autre son de cloche ici.

D'une part j'ai entendu dire que les principaux responsables de la destruction de la forêt amazonienne étaient les américains qui débarqueraient par hélicoptère en pleine jungle, y installeraient une ville américaine miniature, pilleraient toute la forêt pour ramener chez eux le précieux bois, sans rien demander à personne qui plus est ! Je ne sais pas trop quel crédit apporter à cette histoire... Ça sonne plausible je trouve, mais l'information est tout de même à prendre avec des pincettes.

D'autre part, vous n'êtes pas sans savoir que la Colombie, pays voisin du Brésil, est face à de graves problèmes avec les trafiquants de drogue. Pour éviter que ceux-ci ne viennent étendre leurs plantations illégales en Amazonie brésilienne, le gouvernement a décidé de mettre en place un plan d'occupation de l'Amazonie, ce dernier incorporant un volet écologique. Les agriculteurs sont incités à occuper l'Amazonie, mais doivent réserver 50% de la surface qu'ils possèdent à la forêt. Il me semble en effet préférable d'avoir des agriculteurs honnêtes qui exploitent raisonnablement la forêt, plutôt que des trafiquants de drogue qui seront sans doute moins raisonnables.

La diminution de la forêt amazonienne serait-elle donc une conséquence de la consommation occidentale de cocaïne ?

On sent bien que les agriculteurs français ne sont pas très contents de ce qu'il se passe. D'ailleurs les seuls échos dans la presse de ces négociations UE/Mercosur viennent principalement de la presse spécialisée dans l'agriculture (pour en avoir la conviction, vous pouvez utiliser une alerte news google). Pourquoi les agriculteurs français ne font-ils que critiquer et exprimer leur mécontentement alors qu'ils pourraient profiter de la situation et saisir les opportunités de développement qui viennent ? Pourquoi ne pensent-ils pas à aller s'installer en Amérique du Sud ? Si la France n'est plus un bon pays d'accueil pour l'agriculture, la meilleure chose à faire n'est-elle pas de migrer vers des terres plus propices ?

Ceux des confédérations paysannes, laissez-moi vous expliquer que si ces accords de libre échange feront peut-être mal aux fermiers français, ils seront énormément bénéfiques pour l'agriculture, l'économie et l'emploi brésiliens. Ce qui est perdu d'un coté, est gagné (et peut-être même plus) de l'autre. Évidemment, si on considère la globalisation seulement du point de vue de l'agriculture française, c'est mal. Si on la considère du point de vue européen, c'est déjà mieux (car ces accords incluront des points beaucoup plus avantageux pour l'Europe). Et si on la considère enfin d'un point de vue global, cela ne peut mener à moyen ou long terme qu'à plus d'égalité. Posez-vous, je vous prie, les questions suivantes : En quoi peut-il être mal de vouloir baisser les barrières douanières ? Comment réagiriez-vous si le nord et le sud de la France étaient séparés par une barrière douanière ?

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23 juin 2004

Billaut bis

Voila, un nouvau commentaire sur un nouveau post de M'sieur Billaut.
Comme je suis pas convaincu que ça ait intéressé tout le monde la première fois, je me permet cette fois ci de ne pas vous donner le texte intégral, mais simplement ce lien. Bonne lecture.

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20 juin 2004

De la productivité du travailleur brésilien

Encore une chose qui m'étonne ici, au Brésil.

Il y a une petite cafétéria dans le centre commercial à coté de chez moi. J'aime bien y aller, ils font des expresso, ce qui est assez rare par ici. Mais, alors qu'à Paris une personne pourrait tenir seule l'établissement, il y a là en moyennes 5 filles qui travaillent. Comment se déroule le processus ?

- un client arrive par la caisse où une serveuse prend la commande, reçoit le paiement, délivre au client un petit coupon avec un numéro et note la commande sur un petit bout de papier qu'elle transemet à ses collègues,
- et là, c'est le drame : quatres serveuses qui ont l'air moyennement habiles à se servir d'une machine à expresso font tout à la fois : prendre le parpier transmis, nettoyer la machine, préparer le café demandé, faire chauffer les tasses, faire la vaisselle, appuyer sur le bouton qui fait clignoter le numéro correspondant à la commande servie sur un paneau lumineux qui émet un petit son, prendre le coupon du client qui se présente, vérifier qu'il y a du sucre disponible dans les sucriers, débarasser les tables. Tout ca en même temps, sans que je puisse discerner un ordre quelconque. Tout cela laisse une impression de panique permanente, d'improvisation continue, de confusion aléatoire.

Donc 5 employées là où deux, voire trois, personnes compétentes suffiraient amplement. De même, dans un restaurant, quelle ne fût pas ma surprise, entrant non chalemment dans les toilettes, en découvrant là, assis sur une chaise derrière la porte, un type qui manifestement travaillait ici, ne faisant rien, ayant l'air de souffrir d'un profond ennui.

La productivité des travailleurs ne semble pas être un problème fondamental ici. Le truc, c'est que le travailleur peu productif produira nécessairement peu de valeur, il aura donc un salaire en conséquence, consommera peu de valeur, donnant une occasion de moins à ses compatriotes d'en créer. Nous voila dans un cercle visqueux qui est sans doute une des origines des inégalités brésiliennes et dont on ne sort pas simplement.

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18 juin 2004

Attention à ce que vous mangez : la feijoada

Le mot "feijoada" vient du mot "feijão", le haricot noir. A l'époque de l'esclavage, les esclavagistes jetaient à l'extérieur de la maison les parties du porc qu'ils ne voulaient pas manger (pieds, oreilles, queue, ...). Les esclaves, tout contents d'avoir de la viande à se mettre sous la dent, prenaient ces morceaux du porc et les mélangeaient dans la marmite de haricots, pour manger le tout avec du riz. C'est ainsi que fut découverte et popularisée la feijoada.
 
Depuis, pour une raison qui échape à la raison pour pas mal de raisons (tout comme pas mal de raisons, j'ai pas raison ?), la feijoada est devenue un plat *chic*. Certains l'appellent le cassoulet brésilien.
 
Pour vous, j'ai testé la feijoada ! Et c'est bon ! Je ne troquerais ni mon foie gras ni mon cassoulet -nostalgie :'(- contre une feijoada, mais je conviens que ça se mange très bien, peut-être trop d'ailleurs... Le problème vient après... La feijoada reste sur l'estomac, bien plus que le cassoulet. Mon conseil est donc de ne jamais manger de feijoada le soir (d'expérience, c'est valable aussi pour le churrasco) et si vous en mangez une le midi, ne faites pas d'excès, vous pourriez passer une très mauvaise nuit...

Plus d'infos (en portugais)

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16 juin 2004

Le centre commercial, c'est classe !

Au Brésil, c'est trop classieux d'aller se balader dans les centres commerciaux.

Je vais vous expliquer le concept de la "place d'alimentation" : dans un centre commercial, vous prenez un espace assez central et plutôt vaste (voire énorme), on appellera cet espace la place, vous y mettez tout autour une enfilade de restaurants (chacun disposant de 5-10 mètres de vitrine),  les gens viennent prendre leur plateau chargé de bonne nourriture et vont s'installer sur les tables disposées un peu partout sur la place. Les restaurants se partagent l'espace, les tables et les plateaux donc vous pouvez vous asseoir où vous voulez et vous pouvez même manger avec des gens qui ont choisi de s'approvisionner à un autre restaurant.

Et les gens y vont ! Ces places d'alimentations sont souvent pleines aux heures des repas... Mais les gens ne font pas que ça dans le centre commercial, ils y
vont aussi simplement pour se balader, pour retrouver des amis : "Aller viens on va se balader au centre commercial !" (j'ai encore un peu de mal, mais ça vient...). Les cinémas sont généralement directement intégrés à ces centres commerciaux, ce qui est plutôt malin à mon avis.

Là, votre curiosité ne peut s'empécher de se demander "pourquoi ?". Et bien, on m'a dit que c'était parce que les centres commerciaux étaient beaucoup plus sûrs que les rues ou les parcs pour se promener. Et comme la sécutrité est un problème au Brésil (Sarko a beau dire, je ne trouve pas qu'il y ait d'insécurité en France, ou alors de façon très localisée), les gens préfèrent les centres commerciaux car ils s'y sentent en sécurité.

Voilà pour aujourd'hui, la prochaine fois je pense que je vous parlerai de la productivité du travailleur brésilien. Ou alors peut-être de la feijoada. Ou pas.

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14 juin 2004

Commentaire sur le blog de J-M Billaut

Ci-dessous le commentaires que je place sur le blog de Jean-Michel Billaut (par ailleurs très intéressant), à propos d'un post correspondant à un éditorial à parraître dans le bulletin de l'Ardesi Midi-Pyrénées et intitulé "Un new deal pour la France". Je le place ici, car comme je vous l'avais dit dans mon premier post, j'écrirai aussi tout ce qui m'intéressera d'écrire, même si ce n'est pas directement avec le sujet dominant de ce blog. Je vous conseille de lire l'article de M. Billaut, ainsi que les commentaires associés avant de lire ce qui est ma réponse.

Monsieur Billaut, (M'sieur Jean-Mi ?)

Je suis bien conscient qu'ici, chacun de nous défend sa vision de l'avenir et que nous avons probablement tout les deux raison. J'ai tendance à vous suivre sur le fond, mais je trouve votre argumentation trop simpliste et vos visées trop utopiques.

Tout d'abord, je conteste votre référence à Keynes. Dans le "new deal" de Roosevelt, la construction d'infrastructure était un but secondaire. L'objectif principal était de relancer la consommation et je vais vous expliquer ici en quoi consiste l'effet multiplicateur. Vous payez un ouvrier pour construire une autoroute. Que va faire cet ouvrier avec son salaire ? Il va peut-être en mettre 20% de coté et il va consommer le reste. Ce reste va permettre à quelqu'un d'autre de travailler, donc d'avoir un salaire. Et que va faire cet autre avec son salaire ? En consommer 80%, etc. Donc vous mettez 100, et il en ressort une consommation de :

0,8*100 + 0,8²*100 + ... = 400

Dans le même temps, l'épargne cumulée est :

0,2*100 + 0,2*0,8*100 + 0,2*0,8²*100 + ... = 100

D'où une augmentation globale des revenus de 500.

C'est celà qu'on appelle multiplicateur keynésien. L'infrastructure sert à justifier l'investissement initial de 100, et c'est plus utile que de simplement donner cet argent. On pourra trouver une explication plus détailler ici. Désolé pour les explications un peu techniques ; il m'ennuyait de passer pour un demeuré...

Supposons maintenant qu'on veuille faire la même chose pour construire des "autoroutes" de l'information. Effectivement, il se produirait un effet du multiplicateur de Keynes, mais celui-ci n'aurait pas une envergure retentissante. Connecter la France au haut débit emploiera certainement moins de main-d'oeuvre que s'il s'agissait de construire une autoroute entre New-York et Los Angeles (d'autant qu'à l'époque ils ne disposaient sans doute pas des outils performants mis aux points depuis).

De plus, si j'interprète bien votre éditorial, là ne se trouve pas la clé de voute de votre argumentation. Je réfuterai donc maintenant le reste de ce que je conteste dans votre discours.

Vous dites : "Si par contre vous êtes le premier (ou l'un des premiers) à mettre en oeuvre un réseau à TRES haut débit, vous allez susciter la création de nouvelles applications auxquelles on ne peut même pas penser avec le débit d'aujourd'hui...". Allez donc convaincre quelqu'un qu'il faut investir maintenant pour créer des applications qu'on ne peut pas imaginer. Mais peut-être avez-vous une idée derrière la tête. Dans ce cas, c'est le commun des mortels (moi y compris) qui ne peut pas les imaginer. Merci de m'éclairer sur ce point.

Ensuite vous nous annoncer : "Cela jouera en fait le rôle que l'imprimerie a joué entre la Révolution Agricole et la Révolution Industrielle : à savoir augmenter le savoir humain, et le nombre d'Etres Humains qui peuvent y avoir accès...". Et là, je dis non deux fois (non et non). Celà aura le même rôle que de nous faire passer d'une imprimerie lente et en noir et blanc à une imprimerie "rapide" et en couleur. Mon deuxième 'non' est un peu plus nuancé : vous avez raison, à long terme, le savoir humain et le nombre d'Etre Humains qui y auront accès vont augmenter, en attendant, les réseaux très haut-débit restent un "gadget" de pays riches et vous conviendrez, j'espère, que si l'on souhaite augmenter le savoir et la quantité d'humains y ayant accès, il sera plus utile de développer les accès à plus bas débit pour les milliards qui en sont actuellement privés.

Vous nous parlez aussi de culture. Vous trouverez peut-être que j'ai une bien piètre opinion de mes concitoyens, mais j'imagine assez bien le français moyen profitant de sa connexion très haut débit pour boire la même bière tout en pouvant regarder le même match de foot (resp. émission de télé-réalité, resp. feuilleton de l'été), mais attention, ce sera avec 10 angles de caméras possibles entre lesquels il pourra naviguer à volonté ! Autant pour la culture... Mais, encore une fois, si on prend comme prémisse qu'on ne sait pas quelles applications viendront, on ne peut faire que de vagues suppositions ! Voilà à quoi mènent les raisonnements à grands coups de cuillères à pot...

Vous ne commentez que très peu les implications que les très haut débit pourrait avoir sur l'accroissement des connaissances. Et pour cause, j'ai du mal à voir en quoi disposer d'une connexion à 100Mb permettrait de faire de bien plus extraordinaire que ce qui est déjà possible avec des connexions à 4Mb.

Mais que faire, alors ? Comment changer le monde avec des connexions 4Mb ?? Pour en avoir un appercu, je vous propose de lire ce très bon article, commenté par Outils Froids. Il reste encore tant d'initiatives comme celle de Wikipédia à prendre avec les connexions actuelles et qui permettent véritablement d'augmenter le savoir humain et notre intelligence collective que je ne vois pas dans l'imédiat la raison pour laquelle ces connexions ultra-rapides sont indispensables. Je concède qu'il nous faut bouger, mais je propose une autre direction.

Je vous accorde cependant qu'elles pourraient trouver un intérêt dans les années à venir, mais je pense que d'ici là, les vitesses des connexions auront évoluées d'elles-même, sans qu'il soit pour celà nécessaire d'un investissement public lourd.

Et comme je l'ai déjà dit, la vie serait certainement meilleure pour tout le monde avec du très haut débit partout.

Merci à "Poupoule" (encore un nom de code) pour m'avoir fait par de son opinion sur la question et m'avoir ainsi aidé à rédiger ce que j'admets être un pavé.

Respectueusement,
M'sieur Julien.

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13 juin 2004

Des mots

UPDATE : ceux qui chercherchent l'origine du mot barbecue sont invités à aller voir les commentaires.

Un truc bien quand on est dans un pays dont la langue est d'origine latine, c'est qu'on peut faire des comparaisons avec le français et donc comprendre différement sa propre langue. Par exemple, vous-êtes vous déjà demandé "pourquoi le mot 'aujourd'hui' ? " ? Bon parceque en fait le 'hui' il veut déjà dire aujourd'hui. J'ai eut le déclic quand j'ai appris qu'en portugais on disait ça "hoje". Alors je me demande bien pourquoi on est venu rajouter un "aujourd'" pour préciser que oui, si c'est aujourd'hui, c'est bien ce jour... Et je ne parles même pas du puissant "au jour d'aujourd'hui" qui semble fait pour les gens qui ne comprennent pas si on ne leur explique pas trois fois. Et pourquoi pas aujourd'hier ?

Et on voit aussi que l'étendue du vocabulaire d'une langue sur un sujet a un rapport avec l'importance d'un sujet aux yeux des gens qui parlent cette langue. Prenons l'exemple du barbecue. C'est important ici ! Très important ! En France on a que le mot barbecue pour parler du barbecue, et ce mot est déjà pas français... Et ici, ils ont le mot "barbecue à manger" (churrasco), le mot "le gars qui fait le barbecue" (churrasqueiro), le mot "endroit où on fait le barbecue, mini maison en brique la plupart du temps" (churrasqueira), et même le mot "le restaurant où on mange des barbecue" (churrascaria).

Demain je peux pas, j'ai churrasco...

Posté par chercherbonheur à 16:52 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les distances

Edward T Hall, anthropologue américain, a décrit dans "La Dimension Cachée" sa théorie des distances physiques entre les êtres humains. On en trouce ici un très bon résumé. Il décompose ces distance en 4 catégories :
- distance intime, le murmure est suffisant pour se parler,
- distance personnelle, on peut se toucher,
- distance sociale, on se voit en détail,
- distance publique, on s'entend.

Ici, ces distances sont un peu raccourcies. Ou alors on passe beaucoup plus vite dans la liste des gens autorisés à entrer dans les sphères rapprochées. En tout cas, à partir du moment où on connait (un peu) quelqu'un, on peut rentrer directement dans les distances correspondant aux catégories personnelles ou intimes de Hall.

Posté par chercherbonheur à 15:38 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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